LECHER LA PEAU DE LA PASTÈQUE

수박 겉 핥기

 

Ahram Lee

 

Dans le cadre du festival PAC

Commissariat Martine Robin

Exposition du vendredi 27 mai au vendredi 15 juillet 2022
Vernissage le jeudi 26 mai 2022 de 17h à 22h
Dans le cadre de la grande nocturne d’ouverture

Exposition réalisée avec le concours de la Région SUD.

L’artiste a traduit les oeuvres de :
Patrick Merabet
Miguel Calisto
Alain Goetschy
matteo demaria
Djemaa Hoggas
Loïc Gourichon
L’Usine Pillard
Damien Manuel
Ludovic Lacreuse
Katharina Schmidt
Cécile Ampélas
Le Marégraphe

Pour le PAC le Château de Servières a toujours fait le choix de soutenir un artiste du territoire avec une exposition monographique d’envergure essentiellement axée sur de nouvelles productions, offrant ainsi à l’artiste les conditions d’une étape professionnelle significative portée par une diffusion étendue grâce au rendez-vous que constitue le festival.

Après Guy Limone, Elodie Moirenc, Caroline Le Méhauté, Noel Ravaud, Émilie Perotto, Marc Etienne, Michèle Sylvander, Gilles Desplanques, Nicolas Daubanes, Olivier Nattes et Gilles Pourtier, nous avons choisi d’accompagner cette année le travail d’Ahram Lee.
Cette artiste, d’origine coréenne mais diplômée des Beaux-Arts de Marseille a participé à de nombreuses expositions collectives dont une au château de Servières en 2013 ou invitée pour des expositions monographiques, comme celle remarquable présentée à Vidéochroniques en 2016, il y a déjà 6 ans. Aussi il est essentiel d’accompagner aujourd’hui Ahram Lee à ce moment charnière de sa carrière pour que le potentiel de cet artiste puisse être reconnue à l’échelle du territoire national.

Lécher la peau de la pastèque*
* 수박 겉 핥기

Lécher la peau de la pastèque est un proverbe coréen que l’on pourrait traduire par une attitude superficielle qui nous cantonne à la périphérie, nous renvoie à la surface des choses. Ce proverbe choisi par Ahram Lee pour être le titre de son exposition personnelle peut paraître incongru face à l’engagement de sa pratique, tant le travail semble au contraire pousser la réflexion pour aller au cœur de ses préoccupations.
Et pourtant, qui connaît l’artiste, sait combien elle affectionne les à-côtés, tant dans une relation de proximité, que pour évoquer les faits, les êtres et les situations auxquels on ne prête que trop peu d’attention.

Toutes les œuvres produites à l’occasion de cette monographie, sont issues de ce double mouvement et Ahram se propose d’être au centre de ces occurrences comme un passeur, elle dit volontiers vouloir adopter pour cette exposition la position de traductrice.

Ainsi un corpus d’œuvres faisant directement appel à des intervenants ayant cheminé avec Ahram en vue de cette exposition, seront présentées sous forme de performances le jour du vernissage.

Elle choisit de transcrire les échanges lors de ses pérégrinations avec Patrick, en martelant les paroles sur des chutes de bois de diverses dimensions, selon un agencement spatial calqué sur la cartographie sensible de ces déplacements. Installés par bouquets sur le sol de la galerie, le visiteur est acculé à adopter une genou flexion pour en déchiffrer les contenus. Cette installation dialogue avec un enregistrement sonore réalisé à partir des dessins issus du Marégraphe de Marseille, imprégnant significativement l’espace reconfiguré de la galerie pour servir cette mise en écho.

Le déploiement sous forme de vague d’un rideau en métal démantelé et reconfiguré sur une surface de plus de 20 mètres de long apporte encore une nouvelle résonnance aux relevés du niveau de la mer, ponctués également par une série d’œuvres en lien avec le flot du langage qui sont réactivées ou trouvent avec ce projet de nouveaux développements.

Martine Robin