JEUX & MENSONGES

Commissariat de Martine Robin
Avec Lina Banchetti, Pauline Bastard, David Giancatarina, Nicolas Gilly, Jean-Jacques Horvat et Mouren Fils.

Carte Blanche à Sonia Recasens
Avec Diane Guyot de Saint Michel, Florence Jung et Marine Semeria.

 

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04/02 > 01/04/2017

Dans la lignée du maître espagnol, Pablo Picasso qui affirmait au début du 20ème siècle « L’art est un mensonge, qui nous fait comprendre la vérité », l’artiste Ryan Gander déclarait dans un entretien de 2006 « La plupart des oeuvres sont des tartuferies avec des mensonges partout » avant d’ajouter « De toute façon l’art est une réalité fabriquée ». Ainsi, nombreux sont les artistes à s’être inquiétés ou amusés du canular de l’art contemporain : Marcel Duchamp en tête, qui comparait les artistes à des imposteurs, mais aussi Orson Welles, un maître dans l’art de la manipulation, qui en a fait une oeuvre magistrale dans son essai cinématographique F for Fake.

En 1999, un colloque international de sociologie organisé à Grenoble se proposait d’explorer le paradoxe intrinsèque à l’art contemporain entre oeuvre et canular. Ainsi faire l’expérience de l’art contemporain serait faire l’expérience d’un canular, en ce qu’il interroge notre appréhension du réel et de la fiction, et notre capacité à les différencier.

Depuis une quinzaine d’années l’art contemporain est à la mode, comme en témoigne le succès des biennales et autres manifestations qui bourgeonnent à travers le monde, les invitations toujours plus nombreuses à des artistes contemporains par le milieu de la mode et de la publicité, sans oublier les stars comme Lady Gaga qui puisent largement leur inspiration dans l’art contemporain pour leurs mises en scène, clips et autres créations.

Malgré cette entrée dans le paysage médiatique et dans le langage courant, l’art contemporain reste quelque peu impénétrable pour un large public. Il perturbe notre rapport à l’oeuvre d’art, remet en question le statut de l’artiste comme celui du regardeur, interroge la définition même de l’oeuvre d’art, repoussant les limites de l’authenticité et de l’originalité. Et si aujourd’hui le spectateur, comme l’expert et l’artiste, ne peuvent plus trancher de manière définitive sur la vérité de l’oeuvre d’art, sur son authenticité, son intégrité, c’est peut-être parce que nous ne pouvons ou ne savons plus le faire dans les domaines plus vastes que sont l’économie, la politique… Ainsi, le canular de l’art contemporain nous éclaire sur les fondements mêmes de l’art, mais également sur la société qui est la nôtre, sur notre rapport à l’argent, à la contrefaçon, au faux, à notre façon d’attribuer ou non de la valeur à un objet.

C’est cette confusion entre réalité et fiction, que je souhaite explorer en invitant des artistes à semer le doute sur la vérité de l’oeuvre d’art, mais aussi sur le système politique, économique.

Sonia Recasens

 

EXPOSITION

Du 03 février au 1er avril  2017
Vernissage le vendredi 04 février à 18h30

HORAIRES D’OUVERTURE
DU MARDI AU SAMEDI DE 14H À 18H ET SUR RENDEZ-VOUS

RENSEIGNEMENTS :
04 91 85 42 78
chateaudeservières (@) gmail.com

MÉDIATION SUR RÉSERVATION
30 EUROS LA SÉANCE/ 30 PERS MAX
Plaquette de médiation sur demande