COMMENT CONSTRUIRE UN MONDE QUI NE S’ECROULE PAS EN DEUX JOURS

MATTHIEU MONTCHAMP | ADRIEN PORCU

modules

19/06 > 12/09/2010

Qu’attend-on de la peinture aujourd’hui et qu’est-ce la peinture au début du XXIème siècle en Europe ? Voici les questions qui m’alpaguent l’oeil face aux toiles de Matthieu Montchamp. Comme si, devant ces formats, à taille humaine, qui refusent d’être des objets facilement dominables, on se trouvait tout à coup en présence d’une qualité de silence philosophique. Comme si cette peinture donnait à voir, dans le même temps accordé, sa matérialité et son interrogation.
Que voit-on ici ? Des voiles qui cachent et laissent voir, des pieds d’objets, des choses dressées, tout un assemblage de pigments ambigus. Une représentation trouble, souvent hors d’échelle, qui est là, évidemment, pour dire quelque chose de la perception du monde. Une peinture présente, intense et vibrante. À la fois pleine de doutes d’elle-même et habitée de références à l’histoire de cette pratique humaine ancestrale qui s’appelle la peinture.
Matthieu Montchamp a 30 ans, il appartient à une génération qui est venue à la peinture avec le savoir de l’histoire de l’art et après tous les géants du XXe. C’est aussi une génération qui a conscience de l’immense héritage de l’art paléolithique. On sait à présent que partout où les hommes ont vécu sur cette planète, ils ont peint, gravé ou sculpté, depuis 50 000 ans. C’est de loin notre plus ancien héritage. Les jeunes peintres qui savent tout cela se heurtent tout de suite à la question : que faire avec cette quantité de tout ? Montchamp répond avec une peinture habitée de fictions, d’énigmes, de doubles sens et de collisions visuelles. Rien n’est certain. Ici la peinture n’est pas contrainte, il n’y a pas de formatage entendu, juste le contraire de la télévision, en échange celui qui regarde est intimement requis s’il veut parcourir certains des chemins qui sont là.
En parlant d’ancêtres on sait que les aborigènes australiens sont peut-être les seuls hommes de la planète qui ont maintenu sans interruptions une pratique de la peinture depuis la nuit des temps. Au nord de l’Australie, en Terre d’Arnhem, les Yolngu ont un mot, birryun, pour exprimer l’éclat d’une peinture, son iridescence. Ils utilisent ce même mot pour désigner le chatoiement du soleil, l’écume sur l’eau tourbillonnante ou l’abondance du miel dans la ruche.
Alors la peinture ici et aujourd’hui ?
Matthieu Montchamp semble défendre une haute exigence : celle d’un art en perpétuelle recherche de son mystère, à la fois détaché des séductions faciles de la décoration et dubitatif face aux provocations formatées de la mode. Un art qui est une des plus fortes présentations du rêve. Un des lieux rares où apparaissent les images des 10 000 magies et de leur infini pouvoir souple. Un art qui prend en compte a la fois une recherche d’infini, une matérialité secrète, une cosa mentale et une approche sensorielle.
EXPOSITION

DU 19 JUIN AU 12 SEPTEMBRE 2015
Vernissage le 18 JUIN à 18h30

HORAIRES D’OUVERTURE

DU MARDI AU SAMEDI
DE 14H À 18H
ET SUR RENDEZ-VOUS

RENSEIGNEMENTS

04 91 85 42 78
chateaudeservières (@) gmail.com

MÉDIATION SUR RÉSERVATION

30 EUROS LA SÉANCE/ 30 PERS MAX
Plaquette de médiation sur demande

EN PARALLÈLE

A l’occasion de cette exposition personnelle, une monographie est publiée par les éditions P :
Michèle Sylvander. Des histoires (2015)
Avec des textes de Michel Poivert et Caroline Hancock. www.editions-p.com

SIGNATURE DU CATALOGUE MONOGRAPHIQUE DE MICHÈLE SYLVANDER
AU CHÂTEAU DE SERVIÈRES
VENDREDI 29 MAI À 19H